Prix des Lycéens Allemands, la tournée - #1


J'arrive à Düsseldorf par une petite pluie fine, après avoir traversé Cologne sous un soleil radieux.
Le temps ici est changeant, instable, capriceux, il me fait penser à ces gens au tempérament si sensible qu'ils passent du rire aux larmes, de la pâleur aux joues rouges, sans solution de continuité. C'est un temps flammand, me dira-t-on plus tard.
Lorraine, l'attachée culturelle qui me prend en charge, me conduit à l'hôtel, où je perds de longues minutes à essayer de quitter ma chambre par l'escalier de service, pour éviter l'ascenseur... Un ascenseur qui me donne l'impression de rejouer une scène de ce film culte de Spike Jonze, Dans la peau de John Malkovitch... (Je reviendrai le photographier plus tard, à la nuit tombée, quand l'hôtel résonne de bruits mystérieux)

Nous allons déjeuner dans une taverne typique qui porte le nom de "petit bateau", aux tables poncées, où l'on sert de la Schlosser Alt, la bière ambrée de la région, et du hareng. Napoléon y serait passé, ce qu'on veut bien croire. J'y resterais bien, mais on nous attend à Erkhrart, dans un établissement de la périphérie...
À la suite d'un imbroglio, j'interviens devant un public qui n'est pas supposé être le mien (des élèves très jeunes, non francophones, qui n'ont pas lu le livre). On m'écoute en riant, les gamins répètent les finales de mes mots, comme si c'étaient des sons mélodieux. Un adorable gamin venu d'Inde nous affirme que le français est "la langue de la politesse". Je m'efforce de ne pas le démentir en répondant à leur dernière demande : je dois signer des autographes au feutre sur leur bras. Je me retrouve ainsi à tatouer de mon paraphe étoilé une quizaine de bras (et un front, d'une audacieuse qui me le tend en soulevant ses cheveux blonds). Jusque là, rien ne se déroule comme prévu, mais au moins, je m'amuse bien.

Prix des Lycéens Allemands, la tournée - #0

ICE à destination de Dortmund.

Devant moi, il y a deux hommes qui parlent arabe. Derrière moi, un Allemand parle anglais avec un Français. Un compteur à affichage numérique, dans le sas entre deux wagons, indique 300 km/h.
Nous arrivons à Cologne.
Je pense à cette nouvelle que j'ai écrite et qui s'y déroule, qui ne sera sans doute jamais publiée.

Le wagon se vide, je continue vers Düsseldorf. Les deux hommes devant, qui parlaient arabe, abandonnent sur leur siège un journal où je lis ce gros titre effrayant : Blutbad in Bagdad.
(Je pense à R., dans Bonheur Fantôme il est en Egypte mais juste avant, dans N'importe où hors de ce monde où Pierre et lui font une apparition, il était à Bagdad...)


Je lis No et moi, de Delhine de Vigan. Un roman qui a reçu le Prix des libraires, récemment. J'ai les larmes aux yeux, souvent. Je pense à Inès Cagnati, à Isabelle Rossignol, à mes propres romans. Malgré tout, je ne peux pas m'empêcher de relever ce qui parfois m'apparaît comme un tic moderne (citation de marques, copié-collé de phrases), mais dans l'ensemble, jusque là, je ressens une impression de grande justesse, et un désir de justice sociale qui me plaisent infiniment.
Embarquée dans ce roman, j'en oublie où je suis et le fait que, dans quelques heures, c'est de L'Age d'ange qu'on va me demander de parler. J'ai peur de ne pas savoir quoi dire. Et si je leur parlais de Delphine de Vigan ?

Salon du livre du Mans

La semaine prochaine, je vais là :

On peut télécharger le programme en format pdf, c'est instructif et alléchant. On y apprendra que le commissaire du salon n'est autre que le rédacteur en chef du magazine Lire, et que c'est le seul Salon du livre où le prix d'entrée (3 euros) donne droit à un bon d'achat... de livre. Bref, tu entres, tu payes, mais si tu ressors avec un livre, ben t'as pas perdu ton temps ni ton argent, on est intelligent au Mans.
Y paraîtrait que paraîtra, dans le Maine-libre (journal sarthois) quelques articles sur Bonheur Fantôme (à suivre)...