Prix des Lycéens Allemands, la tournée - #0

ICE à destination de Dortmund.

Devant moi, il y a deux hommes qui parlent arabe. Derrière moi, un Allemand parle anglais avec un Français. Un compteur à affichage numérique, dans le sas entre deux wagons, indique 300 km/h.
Nous arrivons à Cologne.
Je pense à cette nouvelle que j'ai écrite et qui s'y déroule, qui ne sera sans doute jamais publiée.

Le wagon se vide, je continue vers Düsseldorf. Les deux hommes devant, qui parlaient arabe, abandonnent sur leur siège un journal où je lis ce gros titre effrayant : Blutbad in Bagdad.
(Je pense à R., dans Bonheur Fantôme il est en Egypte mais juste avant, dans N'importe où hors de ce monde où Pierre et lui font une apparition, il était à Bagdad...)


Je lis No et moi, de Delhine de Vigan. Un roman qui a reçu le Prix des libraires, récemment. J'ai les larmes aux yeux, souvent. Je pense à Inès Cagnati, à Isabelle Rossignol, à mes propres romans. Malgré tout, je ne peux pas m'empêcher de relever ce qui parfois m'apparaît comme un tic moderne (citation de marques, copié-collé de phrases), mais dans l'ensemble, jusque là, je ressens une impression de grande justesse, et un désir de justice sociale qui me plaisent infiniment.
Embarquée dans ce roman, j'en oublie où je suis et le fait que, dans quelques heures, c'est de L'Age d'ange qu'on va me demander de parler. J'ai peur de ne pas savoir quoi dire. Et si je leur parlais de Delphine de Vigan ?

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