Je reviens de l'Hérault, eh oui, encore !
Les collégiens et leur prix littéraire m'y ont fait revenir.
Cette fois j'étais à Béziers, au domain de Bayssan où se tient pour le week-end et pour la première fois une très belle manifestation en plein air, Les chapiteaux du livre. Entourés de tracteurs et cernés de cyprès, au creux de petites alcôves de buis taillé, sous la bienveillante protection de curieuses statues christiques patinées, se tiennent des rencontres hautes en couleurs à l'ombre des platanes. Ça sent le café, les rires des ados et leur accent chantant, ça sent l'odeur des livres frais. Marie Rouanet racontait des histoires de poules électrocutées, et derrière moi, quand je causais aux têtes brûlées de 10 ans venues m'entendre, ça vrombissait sous les jupes de la vierge Marie ("Eh, Madame, retournez-vous ! y'a des guêpes dans la robe de la statue !")
J'ai encore la tête toute pleine des bruits du train, du soleil du Biterois, et de la question lancinante lancée par un gamin : "Mais vous, vous n'êtes pas écrivain, hein ?"
- Ah bon ? Mais je suis quoi ?
- Vous, vous racontez des histoires.
- Oui, mais je les écris. Je raconte des histoires dans des livres.
- Ben non, là, vous n'écrivez pas, vous nous parlez...
Dialogue (en apparence) absurde qui m'a laissée aussi désemparée que ce toro camargais sur ma photo. On a beau être costaud, parfois on ne pige plus rien à ce qui se passe. Et on se dit que c'est bien fait, qu'on l'a bien cherché, qu'on n'avait qu'à pas faire le malin. Lui avec ses gros muscles et ses cornes, moi avec mes bouquins. On s'est fait eu. Les razetteurs, petits machins tourbillonants, nous éraflent au passage...
pour les interrogations des enfants, je ne sais... pour le reste, il nous restera toujours christian laborde !
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