Les bonnes nouvelles, comme les mauvaises, n'arrivent jamais seules. Me voilà donc en mesure d'annoncer la sortie prochaine d'un nouveau roman, auquel je tiens beaucoup, pour l'immense plaisir que j'ai eu à l'écrire. Il s'intitule Mes vacances au Kremlin (Bicêtre).
Sortie prévue vers novembre 2010 (au Rouergue)...
(un début de chapitre au hasard)
Ce matin-là, je me suis réveillé au son des Pixies.
Je ne sais pas ce qui m'avait pris la veille de regarder mon film-culte sur l'ordinateur. Il m'avait semblé que son ambiance délétère serait en parfaite harmonie avec ce qui se passait dans mes intestins et dans ma tête, à l'issue de cette journée. Rien de tel en effet que de regarder Fight Club en se rongeant les ongles, pour passer une bonne nuit.
À mon trente-et-unième cauchemar, je me suis dit que si l'on m'avait branché le même genres d'électrodes qu'à Mamie, le tracé de mon rythme cardiaque aurait certainement contribué à animer leurs écrans monotones.
Dans mon rêve, on était en train de m'opérer à cœur ouvert sans anesthésie (fantaisie à laquelle j'avais donné mon accord, paraît-il) pour trouver dans ma cage thoracique une savonnette rose (réminiscence du film) et deux muscles cardiaques. Un pour moi, un pour Mamie. Le prothésiste dentaire, assis à mes côtés et qui se curait les ongles avec une paille du Mac-Do, me faisait observer incidemment que c'était un joli cadeau pour la fête des mères. Pour détendre l’atmosphère, le commissaire Maigret nous racontait qu’il était en train de lire Les Mémoires du Général Leclerc et que c’était très drôle, surtout vers la fin. Mais nous étions tous gênés dans notre opération conceptuelle par le bruit d'un marteau-piqueur venant de la salle d'opération, qu'on agrandissait pour permettre la construction d'un garage (avec une rampe extérieure en hélice, comme dans les jouets pour enfants).
Lorsque l'aube est arrivée, j'ai compris un peu tard que j'avais oublié la veille de fermer mes volets. Toute la pièce baignait dans une sorte de blancheur crémeuse qui égayait même les faits divers du journal qui tapisse les murs. De plus, la chanson qui accompagne le générique final de Fight Club résonnait dans mon crâne, exactement comme si je m'étais couché en oubliant d'éteindre la touche repeat dans mes oreilles.
Je me suis donc levé, motivé par Hector qui jouait une aubade en Mi majeur sur mon lit.
La seule façon de me débarrasser de la chanson des Pixies était encore de l'écouter : j'ai donc rallumé mon ordinateur, farfouillé dans ma discothèque virtuelle et trouvé la fameuse chanson : Where is my mind ? Où est mon esprit ? – excellente question. Sans la creuser davantage, j'ai mis le son à fond (si on peut appeler "son" le bourdonnement de mes modestes enceintes).
Après cet exploit matinal, vol plané jusqu'au matelas, dérapage contrôlé à l'atterrisage sur les draps. J'ai enfoncé la tête dans l'oreiller, j'avais dans l'idée de dormir encore un tout petit peu, avant que les problèmes de la journée d'hier viennent m'assaillir.
Mais de toute la puissance de ses guitares, le dieu Rock a brutalement pris possession de toute la pièce. J'ai senti mon coeur battre à toute blinde et mon corps s'est redressé, comme si l’on me tirait par la peau du dos, de la façon dont on soulève les chatons.
Et crac ! debout sur le lit, petits sauts sur le matelas, et un magnifique solo d'air guitar ! Mais à force de ne rencontrer aucune résistance que l’air autour de mes doigts, je brûlais d’envie de sentir le poids délicieux de l’instrument. J’ai sauté du lit, fait valdinguer la porte de l’armoire, fouillé dans le bric-à-brac dont j’ai extrait, derrière un duvet, ma chère Fender Telecaster.
Toute blanche, traces de cambouis et rayures d’époque. Modèle 1986. L’année de la formation des Pixies. La guitare de mon père.
Une sainte relique, quoi.
Je ne sais pas ce qui m'avait pris la veille de regarder mon film-culte sur l'ordinateur. Il m'avait semblé que son ambiance délétère serait en parfaite harmonie avec ce qui se passait dans mes intestins et dans ma tête, à l'issue de cette journée. Rien de tel en effet que de regarder Fight Club en se rongeant les ongles, pour passer une bonne nuit.
À mon trente-et-unième cauchemar, je me suis dit que si l'on m'avait branché le même genres d'électrodes qu'à Mamie, le tracé de mon rythme cardiaque aurait certainement contribué à animer leurs écrans monotones.
Dans mon rêve, on était en train de m'opérer à cœur ouvert sans anesthésie (fantaisie à laquelle j'avais donné mon accord, paraît-il) pour trouver dans ma cage thoracique une savonnette rose (réminiscence du film) et deux muscles cardiaques. Un pour moi, un pour Mamie. Le prothésiste dentaire, assis à mes côtés et qui se curait les ongles avec une paille du Mac-Do, me faisait observer incidemment que c'était un joli cadeau pour la fête des mères. Pour détendre l’atmosphère, le commissaire Maigret nous racontait qu’il était en train de lire Les Mémoires du Général Leclerc et que c’était très drôle, surtout vers la fin. Mais nous étions tous gênés dans notre opération conceptuelle par le bruit d'un marteau-piqueur venant de la salle d'opération, qu'on agrandissait pour permettre la construction d'un garage (avec une rampe extérieure en hélice, comme dans les jouets pour enfants).
Lorsque l'aube est arrivée, j'ai compris un peu tard que j'avais oublié la veille de fermer mes volets. Toute la pièce baignait dans une sorte de blancheur crémeuse qui égayait même les faits divers du journal qui tapisse les murs. De plus, la chanson qui accompagne le générique final de Fight Club résonnait dans mon crâne, exactement comme si je m'étais couché en oubliant d'éteindre la touche repeat dans mes oreilles.
Je me suis donc levé, motivé par Hector qui jouait une aubade en Mi majeur sur mon lit.
La seule façon de me débarrasser de la chanson des Pixies était encore de l'écouter : j'ai donc rallumé mon ordinateur, farfouillé dans ma discothèque virtuelle et trouvé la fameuse chanson : Where is my mind ? Où est mon esprit ? – excellente question. Sans la creuser davantage, j'ai mis le son à fond (si on peut appeler "son" le bourdonnement de mes modestes enceintes).
Après cet exploit matinal, vol plané jusqu'au matelas, dérapage contrôlé à l'atterrisage sur les draps. J'ai enfoncé la tête dans l'oreiller, j'avais dans l'idée de dormir encore un tout petit peu, avant que les problèmes de la journée d'hier viennent m'assaillir.
Mais de toute la puissance de ses guitares, le dieu Rock a brutalement pris possession de toute la pièce. J'ai senti mon coeur battre à toute blinde et mon corps s'est redressé, comme si l’on me tirait par la peau du dos, de la façon dont on soulève les chatons.
Et crac ! debout sur le lit, petits sauts sur le matelas, et un magnifique solo d'air guitar ! Mais à force de ne rencontrer aucune résistance que l’air autour de mes doigts, je brûlais d’envie de sentir le poids délicieux de l’instrument. J’ai sauté du lit, fait valdinguer la porte de l’armoire, fouillé dans le bric-à-brac dont j’ai extrait, derrière un duvet, ma chère Fender Telecaster.
Toute blanche, traces de cambouis et rayures d’époque. Modèle 1986. L’année de la formation des Pixies. La guitare de mon père.
Une sainte relique, quoi.
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