Prix des Lycéens Allemands, la tournée - #7

Arrivée dimanche soir à 19 heures à Stuttgart, il fait nuit, froid, je suis fatiguée. J'ai passé l'après-midi avec mon amie d'enfance à marcher dans les vignobles alsaciens sous un beau soleil : j'ai les joues rouges, les jambes lourdes, les yeux pleins de soleil, de feuilles mortes, paysage de carte postale alsacien…
Thierry, l'attaché culturel pour le Baden-Wurtemberg, me conduit à mon hôtel. Je suis si crevée que je ne me décide pas à ressortir, et je dîne d'un bretzel, d'un sachet de nounours en guimauve et d'une cigarette... Pas terrible, niveau gastronomie. On fera mieux demain !
Je remarque pour la première fois que les chambres d'hôtel allemandes sont toutes équipées d'un mini-bar empli de bière et de… la Bible, Nouveau Testament. Je me souviens de cette blague du Protestant dépressif à qui on a appris qu'en cas de doute sur une situation, il faut ouvir la Bible au hasard. Après avoir essayé de mettre fin à ses jours par pendaison, et échoué lamentablement, il met en pratique le conseil Protestant : la Bible s'ouvre et il y lit d'une main tremblante : "Va, et repends-toi".

Les interventions du lendemain, l'une à Tübingen, l'autre à Stüttgart, ont lieu à chaque fois à l'Institut Français, institution nichée dans de grosses bâtisses blanches chargées d'histoire (parfois un peu encombrante...), où on parle cinéma français, poésie, théâtre... À Tübingen, apprenant qu'ils ne sont que 4 (sur 90 auditeurs) a avoir lu le roman, je me lance dans une sorte de réumé-lecture du roman, un marathon qui dure deux heures et me laisse épuisée. J'ai de plus en plus l'impression de faire des conférences.
Mais à la fin, on vient me faire des confidences. L'émotion est toujours là, au creux du livre, dans les plis. C'est drôle comme ce livre peut toucher des gens. Il m'a toujours semblé si froid, si dur, quand je l'écrivais... !

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